vendredi 26 juillet 2013

Voyage en Espagne (De Rosemonde Gérard Rostand) Avec la participation de Charline)



Voyage en Espagne



RGR
Beauté divine des nuages…
Ah ! Comment dire la couleur
De ce miraculeux voyage
Qui mêla mon cœur à ton cœur !

Charline
C’était mauve auroral,- rural ;
Infini, - parfois primitif
Que visais-tu en ton mental?
Mon corps gracieusement lascif.

Sous tant de clarté, le cœur doute ;
La joie est une angoisse aussi.
On croyait prendre sur la route,
Vers le bonheur, des raccourcis.


Les cieux d’azur, la mer étale
Regard sur la dune, je vois
Un homme à l’allure fatale
Et bonheur cet homme, c’est toi !

De loin je te photographie
Dans un petit verre carré.
C’est bien toi. Jamais de ma vie
Je ne t’ai autant adoré.


Oui toi, si vivant, qui soupires
Tu cours, allant deci-delà
Puis tu t’assois fourbu pour lire
Une revue  trouvée par là…


Je marche dans l’eau sur la plage
Pour te rejoindre à l’horizon ;
Tous les bateaux sont en voyage ;
Nous revenons vers les maisons,


Où le rythme est plus dynamique
L’air devient clair comme l’émail
Entends la divine musique
De l’entrée ouvrons le portail.


Mes yeux soulignent de tendresse
Le moindre geste que tu fais ;
Sur nos pas, les magasins dressent
Des espaliers de fruits confits ;


L’église au charme révolu
Fait frémir nos ombres au sol
Nos songes restent suspendus
Devant un peuple d’Espagnols

Leur cantate n’est pas surprise
De se poser sur des genêts…
Quelle douceur… Comment la brise
Savait-elle que tu m’aimais ?…


Déjà la balade s’achève
J’aimais quand tu me l’exposas
Ma tête était emplie de rêves
De soupirs fous, tu m’attisas.  


Un chapeau qui, pour mieux te plaire,
S’ajoutait un voile argenté ;
Et l’éternel vocabulaire
Que l’amour seul sait inventer.

Mais le temps passé se délite
Et le soir arrive trop tôt
Contre toi je me fais petite
Je crains de mourir bientôt

Mon coeur, fou de tendresse, tremble
Comme la plume d’un bambou…
Et je t’aime tant qu’il me semble
Que tu ne m’aimes plus du tout !




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